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Mutinerie à la prison centrale de Kondengui

ByTech237

Juil 23, 2019

Mutinerie à la prison centrale de Yaoundé

Des prisonniers arrêtés depuis deux ans dans le cadre la crise anglophone, des détenus du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) et de nombreux prévenus ont provoqué une émeute hier (lundi, 22 juillet 2019) nuit. Des quartiers de ce milieu carcéral ont été investis et saccagés. Des prisonniers de luxe exfiltrés et blessés. Récit d’une nuit mouvementée dans le plus grand pénitencier du Cameroun

Tout a commencé vers 20h et 40 mn. Des coups de feu ont crépité dans l’enceinte de la prison centrale de Yaoundé pendant des heures de temps. Près de 1500 détenus et prévenus ont assiégé la cour des visiteurs. Tous se sont dirigés vers la cour d’honneur chantant, jacassant et chahutant à tue-tête. Alors que des habitants logés dans les les quartiers voisins situés aux alentours de ce pénitencier ont été pris de panique, joignant leurs amis et proches au téléphone, c’était une atmosphère délétère empreinte de violence à la fois physique et symbolique dans la quasi-totalité des locaux. Des bureaux et la bibliothèque de ce milieu carcéral ont été vandalisés et incendiés. Des contingents de forces de l’ordre postés à l’intérieur et à l’extérieur ont été mobilisés. Question de dissuader les émeutiers. Des bidasses ont diligenté des tirs de sommation et lancé des gaz lacrymogènes. C’est la débandade!

Le quartier spécial 14, où sont détenus des anciens membres du gouvernement et d’autres grosses légumes de la République, est saccagé. Edgar Alain Alain Mebe Ngo’o, Ephraim Inoni, Dieudonné Oyono, Iya Mohammed et Urbain Olanguena Awono, entre autres, sont menacés, exfiltrés de leurs locaux et blessés. Alors que la tension s’est accrue à l’extérieur, le quartier 5 réservé aux femmes est resté obstrué par ces dernières. La seule gardienne de prison, qui était présente lors de la mutinerie, a été exfiltrée. Plus d’une heure de temps après, le ministre délégué à la Présidence de la République chargé de la défense (Mindef) et le Secrétaire d’Etat à la défense (Sed) sont arrivés sur les lieux. Histoire de s’enquérir de l’état de l’atmosphère délétère qui prévaut sur ces entrefaites. Des cordons de sécurité ont été aménagés aux alentours de cette enseigne. Pas moyen d’y avoir accès pour s’imprégner de la situation des détenus dont certains font savoir, sur la toile, qu’ils sont en danger de mort.

En rappel, c’est hier en fin de matinée que des prisonniers arrêtés, depuis deux ans, dans le contexte de la crise sociopolitique actuelle ont commencé à semer du grabuge. Des détenus anglophones expriment, en effet, leur ras-le-bol et disent avoir marre d’attendre d’être libérés. Ayant montré, soutiennent-ils, leur bonne foi depuis qu’ils se retrouvent incarcérés, ces prisonniers ne clamaient qu’une phrase en guise de rengaine: « Nous voulons rentrer chez nous ». Pour des leaders de la manifestation enclenchée, ils ne comprennent pas pourquoi ils sont encore détenus alors que deux vagues parmi eux ont déjà recouvré leur liberté depuis l’entame de leur embastillement. C’est ce qui justifie la critique de ce qu’ils considèrent comme « une ségrégation, voire une marginalisation et une discrimination ». Bilan de la mutinerie: des blessés, dont certains prisonniers de luxe ont été conduits, de toute urgence, à l’hôpital de la Gendarmerie nationale. Aux dernières nouvelles, Certains prisonniers du Mrc, à l’instar de Mamadou Mota, 1er vice-président national dudit parti, et Nana Branco, militant, ont été enlevés et conduits à une destination inconnue.

Le Don King
Mot à wou à wou!

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