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Ministère de la Justice : Le Palais de justice de Mfou devient très exigu et incommode.

ByTech237

Fév 22, 2021

Une grande juridiction de première et de grande instance certes, mais dont l’unique taudis qui sert de Palais de justice est une salle d’emprunt construite pratiquement sur la chaussée.

Tout se passe comme s’il n’y a que la Mefou et Afamba elle même qui se minimise et se mésestime. Pourtant, ailleurs, ce grand département est très envié et couru. C’est chaque fonctionnaire et/ou agent de l’État qui cherche à travailler à Mfou, surtout que généralement, ce département phare est une sinécure, un bastion qui produit généralement des promotions à la pelle.

Tenez, à la magistrature debout, les procureurs Ngassam Jean, Ntamack Fils, Belporo Joseph, Yves Florent Ntyam Nkoto… ont eu leurs promotions à Mfou et sont aujourd’hui de hauts responsables du Ministère de la justice. Il en est de même pour la magistrature assise avec les présidents des tribunaux tels que Mouchingam Alassa, Mme Noah… qui ont également été promis à partir de Mfou.

Malheureusement, la Mefou et Afamba est l’une des rares juridictions qui n’a pas de palais de justice. L’unique taudis qui sert de palais de justice est une salle d’emprunt construite pratiquement sur la chaussée. Le bitumage de la route a été obligé de dévier le vieux local qui sert de palais de justice à tel enseigne qu’il a fallu ajuster le bitume lors du bitumage de l’emprise secondaire de la voirie municipale, pour esquiver la salle d’audience située sur le terrain de la préfecture. Les magistrats se surpassent stoïquement dans cette boîte de sardine exiguë, incommode et d’un archaïsme millénaire. S’ils ne parlent pas, ce n’est pas qu’ils ne s’indignent pas. Ils ont juste choisi de se taire et de faire, contre vents et marées, ce pourquoi ils ont été affectés dans la Mefou et Afamba. D’ailleurs, le fait qu’ils soient très peu à résider dans la ville de Mfou témoignent de ce qu’ils ne sont pas à l’aise. Pas de logements décents pour eux à Mfou pourtant dans leurs salaires, l’Etat a prévu au moins 50 000 FCFA pour leurs loyers.

Au palais de justice de Mfou, il y a 10 juges submergés par le travail. Tous cumulent d’ailleurs leurs fonctions. Ils sont juges et juges d’instructions en service en même temps au tribunal de première instance et au tribunal de grande instance. Ils sont incofortablement installés dans cette « boîte de sardine » qui sert de palais de justice. Il y a des bureaux où trois juges se partagent dans l’étroit.

L’on peut comprendre qu’à l’origine, il fallait à tout pris et rapidement créer une salle d’audience en urgence à Mfou, d’où cet abris qui squatte sur la parcelle de la préfecture et à fleur avec la chaussée en plein carrefour où les bruits des klaxons et autres accidents de motos troublent les audiences en permanence. Sauf que, plusieurs années après, cette urgence semble ne pas finir.

Il faut un palais de justice digne de ce nom à Mfou, un palais de justice bien lotis dans une clôture avec au moins deux salles d’audiences et des bureaux confortables et bien équipés pour mieux gérer les multiples affaires en justice. En outre, il faut excentrer ce nouveau palais de justice, ceci permettra d’élargir la ville car à Mfou, tout les services administratifs (en dehors de l’Enieg, des finances et du lycée technique), sont cloîtrés au même endroit au centre-ville. Un expert nous démontrait qu’un engin explosif même de faible portée, raserait tous les services administratifs à Mfou. Un investissement comme celui que nous suggérons drainerait bien le développement dans la ville. Le palais de justice est un pôle de développement économique et sociale. La sécurité y étant d’ailleurs assurée en permanence par les braves éléments de l’administration pénitentiaire.

Les magistrats souffrent à Mfou, ils n’ont pas assez de salles d’audiences. Ils n’ont pas d’espace même pour installer ces hautes personnalités qui viennent assister aux multiples prestations de serments de leurs proches, amis et frères. A l’installation de la nouvelle présidente des tribunaux de Mfou, les 10 juges et juges d’instructions ont été contraints de rester dans leur bureau et ne pas prendre part à la cérémonie, ceci pour libérer et accorder 10 places aux invités qui avaient effectué le déplacement.

Les juges sont obligés de prononcer leurs jugements dans une seule salle qu’ils utilisent à longueur de journée jusqu’au petit matin, au détriment des parties qui viennent parfois de très loin (80 à 100km) pour se présenter à la barre. Cela n’est pas juste et bon.

Ailleurs l’on voit des palais de justice bien lotis et bien équipés. C’est le cas du palais de justice de Mora dans l’extrême-Nord où les bureaux sont vides au point où même le planton dispose d’un bureau confortable, d’Abong Mbang dans l’Est du pays où l’ancien palais de justice avait même déjà deux salles d’audiences, de Nanga Ebogo dans la haute sanaga où le bâtiment principal est même à trois niveaux avec deux salles d’audiences.

Il en est de même pour la magistrature debout. Le parquet des tribunaux de première et grande instances de Mfou est une vieille bâtisse coloniale qui avait abrité la toute première Sous-préfecture de Mfou à l’époque, puis le centre divisionnaire des impôts lorsque la Mefou et Afamba devint un département après l’éclatement de la grande Mefou. Aujourd’hui, c’est le lieu de service du ministère public. Un vieux local qu’on retouche à tout moment et qui abrite malheureusement 1 procureur de la république et 16 substituts du procureur qui se partagent les bureaux. Faites y un tour, vous trouverez quatre à cinq substituts du procureur qui partagent étroitement un même bureau dans cette vieille bâtisse dont le centre divisionnaire des impôts qu’elle abritait à l’époque, s’est retrouvé à l’hôtel des finances, un bâtiment tellement grand que les services d’Elecam y ont même trouvé de refuge.

La vérité c’est que ce sont les élites du département qui devraient peser de leur poids pour régler ce problème. Il est vrai que certains préfets de Mfou se sont battus pour se faire, mais l’élite n’a pas beaucoup aidé. C’est le cas du préfet Mbemi Nyaknga aujourd’hui DG de la Sonatrel, qui s’était bien battu pour trouver un site en pleine ville afin de bâtir un palais de justice fiable. Malheureusement, le site s’était avéré encore litigieux et personne n’a plus voulu céder une autre parcelle ailleurs. Le préfet Djickdent Emmanuel Mariel (actuel préfet du Mfoundi) quant à lui, a même réussi à obtenir du ministère de la promotion de la femme et de la famille, la salle de fêtes du Centre de promotion de la femme et la famille, afin de permettre au tribunal de tenir chaque vendredi, des audiences de première instance. Une décongestion qui soulage beaucoup la magistrature assise.

L’association pour le développement de la Mefou et Afamba (Ademaf) devrait se pencher sur cette affaire et offrir un espace bien lotis et non litigieux au Ministère de la justice qui, à travers ses programmes de réaménagement des infrastructures, va bâtir un parquet d’instances et un palais de justice dignes de ces noms.

Affaire à suivre…

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