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Interview : Louis Pergaud Ngatchou, le Cassius Clay Camerounais des années 70-80 se dévoile.

ByTech237

Avr 15, 2019

Interview : Louis Pergaud Ngatchou, le Cassius Clay Camerounais des années 70-80 se dévoile.

Votre organe de presse « Les visages d’Afrique » est allé à la rencontre de Louis Pergaud Ngatchou, ancien champion Africain, Médaille d’Or préolympique en 1971 et Champion du monde WBC jusqu’au 5e round avant d’être battu par KO par le cogneur Champion du monde de l’époque l’Américain Mathew Saad Muhammad à Halifax, au Metro Center au Canada. Le Cassius Clay Camerounais fit même douter le champion du monde devant son public. Nous vous proposons en vidéo sur notre site ce fameux combat. L’élégance et la détermination étaient au rendez-vous malgré la défaite.

Les visages d’Afrique (LVA) : Bonjour Monsieur Louis Pergaud Ngatchou, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

LPN : Je suis Louis Pergaud Ngatchou, Camerounais et ancien champion d’Afrique et du monde de boxe d’abord amateur et ensuite professionnel. Je suis né dans une famille polygamique de 12 enfants dont 5 de ma maman dont j’étais le 3e. Mon papa était originaire de Bazou dans le département du Ndé et ma maman était de Bapoumpa dans le groupement Bangangté. Nous habitions le quartier Mokolo de Yaoundé où nous avons grandi. Mon papa était très connu à Yaoundé, car il était chef de communauté ici et propriétaire d’un bar très connu autrefois ici à Yaoundé : Noutcha Bar. Je vis entre l’Allemagne et le Cameroun. Voilà !

LVA : Quels ont été vos début dans la boxe ?

LPN : La vérité est que j’étais parmi les derniers enfants de mon papa et mes grandes sœurs me battaient beaucoup, au point où ma maman m’avait envoyé chez son frère aîné à Bangui. Y étant, j’ai fait mes débuts dans la boxe avant de revenir au Cameroun en 1970. C’est cette année-là que j’ai été selectionné dans l’équipe de boxe du Cameroun par Monsieur Ayissi Ntsama Jean Baptiste après ma victoire comme champion du Cameroun et cela m’a valu ma selection pour les jeux pré-Olympiques en 1971 en Allemagne où j’ai remporté la médaille d’or par une victoire sur le champion Européen de nationalité Allemande

LVA : Quels sont les souvenirs encore frais dans votre mémoire ?

LPN : C’est ma victoire à ces Jeux préolympiques et le boycot des Jeux Olympiques de 1976 alors j’étais bien préparé et espérais remporter la 2e médaille olympique camerounaise en boxe après celle de Jo Bessala en 1968 ; ensuite ma reception par le Président Ahidjo. J’avais battu le champion d’Allemagne aux Jeux préolympiques et les Allemands m’avaient sollicité pour rester chez eux. Ce que j’avais accepté et c’est toujours de l’Allemagne que je partais boxer pour le compte du Cameroun avec l’encadrement de Monsieur Ayissi Ntsama Jean Baptiste.

LVA : Quels genres d’accueils vous réservent les gens à l’étranger ?

LPN : Je peux vous dire que dernièrement en Belgique comme en Espagne, j’avais été reconnu par des gens qui me rappelaient mes victoires d’antan et qui semblaient heureux de me rencontrer.

LVA : Quels genres d’accueils vous réservent vos compatriotes camerounais vivant ici au pays ?

LPN : J’avoue que c’est l’indifférence totale, surtout qu’à notre époque il n’y avait pas encore la télévision au Cameroun, et en plus cela ça fait bien longtemps. Ce ne sont que les membres de ma famille et ceux avec qui j’ai grandi qui me reconnaissent ici au Cameroun.

LVA : Quelles sont vos relations avec les Responsables sportifs Camerounais en général, et de la boxe en particulier ?

LPN : Aucune ! Car plusieurs fois j’ai essayé de les rencontrer sans succès. Ce qui fait qu’actuellement quand je viens je n’ose plus les solliciter.

LVA : Est-ce à dire que vous n’avez jamais reçu de décoration au Cameroun ?

LPN : Aucune !

LVA : Avez-vous souvent été invité par les autorités sportives camerounaises lors les grands évènements sportifs organisés ici au pays ?

LPN : Au temps d’Ahidjo, oui ! Mais depuis-là, aucune invitation.

LVA : Quels sont vos projets actuellement ?

LPN : Grâce à l’Allemagne, j’ai été formé dans l’électrotechnique spécialisé en automatisation. Je suis donc Ingénieur Electrotechnicien ayant travaillé dans le groupe SIEMENS en Allemagne. Ce qui m’a permis de beaucoup voyager, en Chine pour l’installation du Train à grande vitesse (TGV), Canada, Afrique du Sud, Etats-Unis pour ne citer que ces pays-là. Je souhaite pouvoir m’impliquer dans la codification des départements au Cameroun comme dans d’autres pays Africains ; j’ai d’ailleurs remis mes coordonnées dans certaines ambassades ici à Yaoundé.

LVA : Qu’avez-vous déjà fait pour promouvoir la boxe au Cameroun ?

LPN : Je suis à la disposition de mon pays ; j’ai essayé de proposer mes services mais sans succès car j’estime que j’ai encore à apporter à la jeunesse. J’ai beaucoup voyagé, j’ai presque fait le tour du monde.

LVA : Les camerounais d’une certaine génération se souviennent encore du combat que vous avez perdu au Canada pour le titre mondial WBO face au démolisseur de l’époque l’Américain Mathew Saad Muhammad.

LPN : Je voudrais d’abord saluer la mémoire de Monsieur Ayissi Ntsama qui m’avait beaucoup apporté. C’est parce que je résidais en Allemagne que je m’étais attaché les services d’un entraîneur Allemand. C’est avec lui que j’étais à Halifax au Canada où j’avais perdu à cause d’un malaise soudain après avoir reçu un coup violent.

N.B. : Il faut préciser que Louis Pergaud Ngatchou est né le 14 août 1950 à Yaoundé et qu’après sa carrière d’amateur, il débute une carrière professionnelle le 31 janvier 1977 par une victoire par KO au 3e round avant d’enchainer avec 12 autres victoires successives dont 5 par KO dont une avec le redoutable Dave Lee Royster. Il compte 48 combats professionnels dont le dernier a eu lieu le 04 avril 1987 par KO à Halifax au Canada au Metro Center face à l’Américain Mathew Saad Muhammad.

Interview réalisée par Léonard Fandja

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