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Election des maires de villes : Une forme déguisée de nomination

ByTech237

Mar 9, 2020

Ramant à contre-courant des idéaux de démocratie, on vient d’assister lors des élections des maires de villes par la majorité des conseillers RDPC à des semblants de scrutins qui cachaient en réalité une forme voilée de nomination.

De qui se moque-t-on ? Seraient tentés de se poser les milliers de Camerounais qui attendaient avec impatience l’élection des maires de villes, des 14 communautés urbaines que compte le pays. Car, en effet, beaucoup de compatriotes ont été surpris d’apprendre à travers les médias conventionnels et les réseaux sociaux qu’en lieu et place de véritables élections, les mandataires et les hiérarques du Rassemblement démocratique du Peuple camerounais (RDPC), ont dans une certaine mesure imposée aux conseillers municipaux de leurs parti, les noms des candidats choisis depuis le sommet. Contrairement aux dispositions du Code des collectivités territoriales décentralisées qui stipule que les maires de villes ou alors ceux qu’on appelait délégués du gouvernement auprès des communautés urbaines sont élus par un corps électoral composé des conseillers municipaux de ladite ville. C’est donc à des nominations déguisées qu’on a eu droit. Entraînant des situations incroyables dans la ville de Yaoundé et surtout de Douala.

Dans la cité capitale par exemple, c’est après moults tractations, intimidations et sommation de respecter la discipline du parti que Saint Eloi Bidoung, et Jean Marie Abouna, se sont retirés. Laissant la voie libre à Luc Messi Atangana, qui a finalement été élu avec 196 voix sur 296 votants, 3 abstentions et 98 bulletins nul. Pour ce qui est de Douala, le fait a été tellement flagrant qu’après deux jours de difficile et dures tractations, en dépit des contestations des conseillers du RDPC qui un moment donné ont brandi la menace de voter en faveur du candidat de l’opposition Jean Jacques Ekindi, Roger Mbassa Ndine, a finalement été élu. Mais personne n’étant dupe, on s’est vite rendu compte que le président de la section RDPC wouri1 et maire de la commune de Douala 1er jean jacques Lengue  Malapa a été contraint d’abandonner la partie grâce à la « médiation » du chef de la délégation permanente régionale du parti pour le Littoral, Laurent Esso, et du mandataire du parti, Benoît Ndong Soumhet.

Au regard de ce qui précède, les super maires qui présideront aux destinées de leurs communautés respectives pour les cinq prochaines années sont pour la plupart contestés par la base du parti qui les a investis. Car, proposés par les caciques du parti qui profitent pour faire copter leurs amis. « La question qui se pose est donc de savoir de qui se moque-t-on ? N’a-t-on pas dit et annoncé à grande pompe que les délégués du gouvernement, appelé aujourd’hui maires de villes ne seront plus nommés mais élus. D’où sort-il que des mandataires du RDPC viennent avec les noms à imposer aux conseillers municipaux. Où se trouve la démocratie à ce niveau », a indiqué sous anonymat, un conseiller municipal contraint à retirer sa candidature à Yaoundé. Avant d’ajouter, « ces parodies d’élections sont en fait une autre forme de nomination dans notre formation politique ». Entre conciliabules, intimidations, sommations ou respect de la discipline du parti, les caciques du RDPC ont donc par ces faits torpillé la démocratie dans leur formation politique. Ramant à contre-courant des instructions du président national du parti au flambeau ardent. C’est dire qu’au Cameroun nous avons encore du chemin à parcourir en termes de démocratie, et la sortie de l’auberge n’est pas pour bientôt.

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