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Création de chefferies : Paul Atanga Nji déterre la hache de guerre

ByTech237

Juin 17, 2018

Création de chefferies : Paul Atanga Nji déterre la hache de guerre

Le Ministre de l’Administration Territorial Paul Atanga Nji a levé la suspension de création de reclassement ou de réhabilitation des chefferies.

Le Ministre de l’Administration duTerritoire Paul Atanga Nji a, par lettre circulaire N°00000831/LC/MINAT/SG/DOT en date du 11 mai 2018 levé la suspension qui pesait sur la création, le reclassement ou la réhabilitation des chefferies. En effet, depuis l’année 1995, l’application du Décret N° 77/245 du 15 juillet 1977 portant création de chefferie traditionnelle avait été suspendue. La création de chefferie était devenue désordonnée et fantaisiste. L’observance des dispositions du Décret N°77/245 sur la création des chefferies était renvoyée aux calendres grecs, l’instinct grégaire ayant pris le pas sur l’éthique. L’on a vu ainsi créer par exemple la chefferie « Bassamba » au mépris des réalités anthropologiques et sociologiques de la localité. Elle s’était faite alors que contrairement aux autres localités, la Région de l’Ouest est particulièrement le département du Ndé offre, en plus des conditions logiques exigées par le décret (territoire, population), une histoire généalogique avec ces éloges qui permettent de faire la traçabilité, que dis-je, l’arbre généalogique de toute personne originaire de cette région. Dans le département du Ndé, en plus de ton nom, il y a ce qu’on appelle en français « éloge » que les garçons n’ont que du côté maternel alors que les filles l’ont du côté paternel et maternel. Ces appellations permettent de retrouver les origines d’une personne jusqu’à la 5e génération, et même plus. C’est la raison pour laquelle, pour peu que les autorités administratives soient intègres, la création des chefferies en pays Bamiléké ne devrait pas être compliquée. Malheureusement avec la création du Sénat et la volonté de dominer de certaines personnes, la corruption aidant, tout le monde veut devenir chef. Par ailleurs, là où certains n’acceptent pas qu’on leur parle d’un chef supérieur au leur, au regard des classifications, le moment est venu pour déterrer la hache de guerre et user de tous les moyens légaux et illégaux pour faire reclasser leurs chefferies. Les gens perdent de vue qu’avant toute revendication de création, de reclassement ou de réhabilitation d’une chefferie, il faut d’abord developper son village ; car demander d’abord cela revient à mettre la charrue avant les bœufs. Que ceux qui s’appretent à détérerer lahache de guerre s’attelle avant tout à construire, faire construire les école, bref, doter leur localité d’infrastructures conséquentes. Actuellement, l’on a 80 chefferies de 1er dégré et 862 chefferies de 2e dégré au Cameroun. A Yaoundé et particulièrement à la cité verte, au camp Sic comme au quartier Montée Reynolds, l’on a vu de toutes les couleurs : destitution, réhabilitation, suspension de chefs de bloc. Dans les autres Régions, les autorités ont du pain sur la planche. Heureusement que le Ministre garde la main dans la mesure où il doit préalablement donner son quitus pour toute création, reclassement ou réhabilitation de toute chefferie.

En cette année électorale, une telle décision ne participerait-elle pas de la volonté du gouvernement à vouloir amener tout chef ou tout aspirant à être loyal vis-à-vis des Institutions de la république ? Surtout qu’en reclassant un chef (puisque c’est le vœux de la grande majorité) les retombées financières suivront. Toutefois, il est important de rappeler ce proverbe africain qui dit : « Un bon abre ne produit pas que des fleurs, mais des fruits. »

Léonard Fandja

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