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Assassinat de l’Ambassadeur italien en RDC : Un scénario occidental ?

ByTech237

Fév 24, 2021

. L’ambassadeur italien a été assassiné lors d’une de ses descentes sur le terrain

En République démocratique du Congo, l’assassinat de l’ambassadeur italien a fait énormément de bruit. Les autorités congolaises sont maintenant remises en cause. En effet, la Communauté internationale affirme que le gouvernement congolais n’avait pas fourni des moyens de sécurité nécessaire afin d’assurer le trajet de l’ambassadeur Luca Attanasio, dans les zones dangereuses de l’est de la RDC.

Après l’assassinat de l’ambassadeur italien, son garde du corps et un chauffeur du Programme alimentaire mondial (PAM), les autorités congolaises sont montées au créneau pour donner leur version de l’attaque. Elles pointent du doigt les rebelles des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR). Malgré l’appel lancé aux groupes armés de la République démocratique du Congo par le président Félix Tshisekedi en 2019 et les nombreuses tentatives d’instaurer la paix depuis 20 ans dans l’est du pays via l’intégration des miliciens dans l’armée régulière, les groupes armés continuent d’occuper le terrain. L’ambassadeur d’Italie à Kinshasa tué lundi est semble-t-il tombé dans une embuscade attribuée à des rebelles hutus rwandais, une attaque qualifiée de « terroriste » par le président congolais.

Depuis Goma, le gouverneur de la province du Nord-Kivu, Carly Nzanzu, a affirmé que les rebelles ont stoppé le convoi par des tirs avant de faire descendre les passagers, dont l’ambassadeur. « Selon les témoignages que nous avons recueillis auprès des rescapés, les rebelles voulaient de l’argent auprès de l’ambassadeur. Ils ont pris tous les passagers pour les conduire dans la brousse. Et quelques minutes après, ils ont tué le chauffeur congolais puis le garde du corps de l’ambassadeur sur place », a-t-il déclaré. D’après lui, l’ambassadeur italien a été touché par les tirs des rebelles lors d’échanges de coups de feu avec l’équipe des gardes du parc des Virunga appuyés par les éléments des forces armées de la RDC (FARDC) alertée par l’attaque.

Au moment de l’attaque, il circulait à bord d’un convoi du PAM dans la province du Nord-Kivu, considérée comme l’une des zones les plus dangereuses du Congo, à la lisière du parc national des Virunga. Deux autres personnes sont mortes dans l’attaque : le chauffeur congolais du PAM et le garde du corps italien de l’ambassadeur, selon des sources congolaises et italiennes.

Avant d’être prises pour cible, les victimes circulaient, sans escorte de la Monusco, a indiqué une source de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco). « Les services de sécurité et les autorités provinciales n’ont pu ni assurer des mesures de sécurisation particulière du convoi ni leur venir en aide faute d’informations sur leur présence dans cette partie du pays pourtant réputée instable », a déclaré le ministère congolais de l’Intérieur.

Sous le regard choqué de plusieurs dizaines d’habitants, des Casques bleus et des soldats de l’armée congolaise se sont déployés en nombre le long de la route entre Goma et Kibumba, là où a eu lieu l’attaque pour sécuriser les lieux et lancer la traque des assaillants.

Le véhicule blanc du PAM qui transportait l’ambassadeur était garé sur le bas-côté de la route, avec des vitres brisées par les tirs des agresseurs, non loin de collines verdoyantes.

Dans un message lu en soirée par son porte-parole à la télévision nationale, le président congolais Félix Tshisekedi a condamné « avec la plus grande fermeté cette attaque terroriste ». Le ministère congolais de l’Intérieur va plus loin et accuse les rebelles hutus rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda d’être à l’origine de l’attaque meurtrière du convoi.

Le président Tshisekedi a demandé une enquête pour que les auteurs de l’attaque soient « identifiés et traduits devant la justice ». Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres a aussi demandé à la RDC « d’enquêter avec diligence » sur cette attaque. Le ministre italien des Affaires étrangères Luigi Di Maio, qui se trouvait à Bruxelles pour une réunion avec ses homologues européens, a annoncé son retour anticipé à Rome. Le président italien Sergio Mattarella a dénoncé une « attaque lâche ». « La France a condamné avec la plus grande fermeté » l’attaque et « se tient aux côtés de l’Italie dans cette épreuve », a indiqué le Quai d’Orsay. « Les responsables de cette attaque devront être identifiés et répondre de leurs actes. »

Le fait est que Kinshasa n’était visiblement pas au courant que l’ambassadeur italien désirait se rendre dans l’est de la RDC. Une zone particulièrement en proie à de nombreuses attaques non seulement pour ses richesses, certes, mais essentiellement par rapport à sa position géographique. En effet, selon les médias mainstream, l’est de la RDC est constamment en proie à des attaques de groupes armés. Et il semblerait que l’Est est devenu une région indépendante. En 2018, une source de la MONUSCO avait déjà émis le fait que l’ONU avait décidé de réduire les effectifs dans les régions de l’Est.

Cet assassinat a tout de même des airs de scénario mis en place afin de forcer la main à Kinshasa à accepter des interventions militaires et des ingérences en tout genre au sein du pays. La porte est maintenant ouverte, et après ce scénario, le président congolais Tshisekedi ne peut plus refuser et gérer l’est du pays en interne, comme beaucoup d’autres pays africains l’ont fait. Car cette union intra-africaine reste un cauchemar pour les néo-colons et les processus de démembrement des pays stratégiques d’Afrique.

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